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domingo, 9 de janeiro de 2011

Balanço da primeira década do Século XXI

Le négation de la collectivité
par Sylvain Derèse, Casus Bel
03.01.11
2010, la fin d'une décennie. L'heure est au bilan. Quand les historiens se pencheront sur ses dix dernières années qui nous ont fait grandir (ou vieillir, c'est selon), que retiendront-ils de nous ?
Les manuels d'histoire consacreront plusieurs chapitres sur le déclin de la civilisation occidentale suite à sa vision capitaliste et libre échangiste de l'économie. Il faut d'ailleurs noter que si le libre échange augmente énormément les inégalités entre les strates sociales, il pousse à la diminution des inégalités entre les nations. Ce qui pourrait paraître comme étant un point positif de premier abord s'avère rapidement être contre-productif. En effet, ce système pousse à créer une minorité de nantis très influents nourris à l'ethnocentrisme qui renforce l'appauvrissement de la majorité.
Un autre sujet important de ces dix années sera bien évidemment la crise économique qui a ébranlé l'ensemble des pays. D'une importance et d'une violence sans égale, elle a mis le système à genoux. Nous retiendrons que cette crise a marqué un tournant décisif dans la mentalité européenne. Premièrement, la prise de conscience généralisée de la fragilité du système et de l'appauvrissement qui en découle. Avec, pour conséquence immédiate, le pessimisme et la peur.
Deuxièmement, l'injustice ressentie face à la prise en charge par l'État des organisations financières défaillantes. Ce qui provoque chez le citoyen une rancœur envers la finance et un manque de confiance envers la politique et le pouvoir décisionnaire.
Et enfin, la comparaison entre l'économie fleurissante des pays émergents et notre récession européenne qui augmente la méfiance vis-à-vis des autres et entretient une frustration croissante.
Si l'Europe reste un minimum démocratique, il faut s'attendre à ce que ce cocktail détonnant fait de peur, de perte de confiance et de frustration, pousse les Européens à se replier sur eux même avant 2020. Avec pour conséquence un protectionnisme croissant qui pousse à l'explosion de l'Europe ou à une Europe des régions et à une montée en flèche des réactionnaires.
Si cela devait arriver, ce serait une gigantesque régression pour le continent et cela prouverait une fois de plus le caractère cyclique de l'histoire et plus encore du capitalisme dans sa forme actuelle (Croissance/Euphorie → Crise inéluctable → Replis identitaire/Recherche d'un coupable).
D'ailleurs, il faut noter que les crises économiques étant constitutives de l'idéologie néo-libérale, il est curieux d'observer qu'une partie du monde politique cible comme coupable de la récession les catégories les moins aisées de la population qui rejettent la plupart du temps le néolibéralisme. Ce comportement semble néanmoins rationnel si le monde politique entrevoit un conflit d'intérêt privé ou collectif dans la dénonciation de cette idéologie dominante.
En fait, pour pousser un peu plus loin la réflexion sur ce mode de pensée d'une nouvelle forme d'économie libérale, il faut accepter le fait que celle-ci a pour conséquence de détruire le libéralisme historique. Au lieu d'établir un vaste consortium qui établit des structures permettant une concurrence libre entre tous les acteurs du marché, petit ou grand, le néolibéralisme, lui, crée d'énormes conglomérats qui monopolisent l'ensemble du secteur et fixe les prix tout en imposant ses conditions aux états par lobbying.
Cette idéologie n'a donc plus pour but l'enrichissement de l'ensemble via les acteurs de l'économie, mais bien l'enrichissement des acteurs de l'économie via l'ensemble.
Certes, ces dix années ont été riches en évènements qui mériteraient plus de rétrospectives. Mais la négation de la collectivité en fait partie intégrante, nous avons fait un choix, inconscient peut-être, mais nous l'avons fait. Je me prends parfois à rêver que les années passantes, nous opterons pour une société qui cherche à comprendre l'autre plutôt que de voir en lui un client, un parasite ou un produit.

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